...
Ton sable a traîné sous une dizaine de mes paires de baskets (Une Go Sport, une Adidas, une Reebok, et le reste en collection de Nike Air !).
Ton château a accueilli dans son dos les plus beaux couchés de soleil.
Ton kiosque a résonné des cris et rires de passages, des notes de tango TOUS les jeudis soirs, des remises de prix aux concours de pétanque, des acrobaties hip-hopesques l'été, des amoureux qui se bécotent (sous les kiosques publics, kiosques publics).
Ton esplanade a été la scène de nombreux arts (je n'irais pas jusqu'à inclure nos mémorables galas de danse annuels, ... « du grand art » lol).
Je connais par coeur tes tours et tes détours.
Tes joueurs de boules, ta vogue (les missions gaufres gratuites chez Roro avec la femmelette), tes WC crades, ton muret des skateurs, ta bouche de métro, ton camion pizza (cuites au feu de bois), ton petit rond de superficie fleurie dans lequel s'en va paître le chien du propriétaire d'une de tes terrasses, ton marché les mardis, jeudis et samedis (ton pain de chez Pascal et ton poulet de chez Hervé), ton horloge sur le mur de l'école qui règle la notre en cas de disjonctage, tes bancs qui ont accueilli quelques conversations mémorables, ton coiffeur (chez Norbert et Annie) qui a géré mes petites coupes au carré de préadolescente (après, Madame est devenue plus exigeante et s'est donc exilé chez Jean Louis David), ta galerie d'art, ton agence immobilière, ton magasin de jouets, ton magasin de fourrures, ton Vidéo Futur qui nous a sauvé de bien des soirées loose, ton fucking Escroc Permis qui vide petit à petit les poches familiales, ton traiteur aux pommes dauphines aussi huileuses qu'exquises, ta borne Velov' accueillante à toute heure de la nuit (sauf quand elle décide de rallonger la séance pédalage en s'avérant pleine !)...
Tout ça vu de la fenêtre et parcouru pendant huit ans. On peut dire que tu auras vu grandir la gamine !
Alors je te laisse un moment, non sans une petite boule au ventre. Le temps de rencontrer l'indépendance, d'en profiter, parfois peut-être de m'en lasser, mais sans jamais regretter mon choix. Je ne m'en fais pas, on se retrouvera bientôt. Tu me paraîtras plus petite (Ben voui à 18 ans je chope encore des centimètres ! Ouf mais véridique !), mais plus précieuse aussi car tu seras mon grand coffre à souvenirs.
Je dois y aller, on m'attend pour de nouveaux sourires...
(A prononcer à haute voix: ilètonteumètentandetentédetatéatatonlététondetatakantontonnèpala)
Place Ambroise Courtois
Lyon 8ème
Photo : Mike